Tous les héros d’Océania ne sont pas des hommes — le Kahn en est même l’effroi. Depuis quelques années, son nom court sur le continent d’Orédia et fait blêmir les souverains. Voici l’histoire de celui qui rendit aux orques leur fierté, et au monde sa peur d’eux.
Le Kahn, le Messie guerrier
« Le Kahn » : ce titre honorifique orque pourrait se traduire par « Messie ». Mais un Messie guerrier, de ceux qui mènent leur peuple à la victoire. Et il semble bien qu’un orque du nom d’Orenok soit reconnu comme le Kahn des siens.
Car les orques, depuis longtemps, ne causaient plus grand dommage et n’entreprenaient plus de croisades guerrières. On en avait même réduit la plupart en esclavage. Jusqu’au jour où naquit Orenok.
L’unificateur des tribus
Devenu adulte, Orenok rassembla les dernières tribus nomades éparpillées dans le désert. Il en fit une armée que redoutent désormais les plus puissants généraux. On dit qu’il porte encore, au fer rouge sur l’épaule, la flétrissure d’esclave dont on l’avait brûlé enfant. Il l’exhibe aujourd’hui comme un étendard. Ses premières campagnes eurent pour but de libérer ses frères esclaves — et il n’y laissait jamais qu’un seul survivant. Cet unique rescapé était chargé d’aller prévenir la cité suivante que les orques viendraient. Et malgré cet avertissement, malgré l’avantage tactique ainsi concédé, l’armée d’Orenok parvenait toujours à anéantir gardes, soldats et miliciens dressés contre elle.
Orédia tremble
Devant cette menace, les souverains d’Orédia qui tenaient encore à leur tête prirent une décision : abolir l’esclavage des orques. Mais cette première concession ne suffit pas à apaiser la colère d’un peuple trop longtemps humilié. Les royaumes de Triana et de Mongalis sont déjà tombés sous la coupe du Kahn. Les autres souverains se préparent à la guerre — et prient les puissants d’épargner leurs pathétiques existences.
Ainsi le Kahn rappelle-t-il au monde une vérité qu’il avait voulu oublier : qu’un peuple d’esclaves, s’il trouve son chef, peut redevenir un peuple de conquérants. Orenok n’a pas fini sa marche. Et chaque cité d’Orédia, le soir venu, guette l’horizon du désert. Elle se demande si le messager solitaire qui annonce sa venue ne galope pas déjà vers ses murs.
Ce portrait appartient à la galerie des héros d’Océania, l’une des portes du cycle Tempêtes et Jambes de Bois — monde maritime de dieux déchus, de cités rivales et de peuples que l’humiliation change parfois en conquérants.
