Un Mousse, ça n’a encore aucun métier, et c’est écrit dans le contrat. Le Mousse est la classe de personnage du plus jeune matelot du bord, celui qui commence tout en bas et apprend sur le tas. On le joue dans le jeu de rôle Tempêtes et Jambes de Bois. Il tire sur le mauvais cordage, renverse la moitié du seau qu’il monte, confond bâbord et tribord un jour de tempête. Sur les mers d’Océania, il découvre le métier de marin par le mauvais bout, celui des seaux et des remontrances. Il n’a pas fini d’en baver.
Apprendre en se cognant
Personne ne lui explique grand-chose. On lui montre un nœud une fois, vite, puis on lui jette la corde et on passe à autre chose. Alors il recommence seul, se trompe, refait, jure entre ses dents, jusqu’à ce que ses doigts finissent par comprendre ce que sa tête n’a pas retenu. C’est comme ça qu’il apprend tout : en se cognant, en observant du coin de l’œil ce que font les vieux, en volant un geste ici et là.
Et il n’attend pas toujours qu’on lui dise quoi faire. Il grimpe plus haut qu’il ne devrait pour voir la mer de là-haut, goûte en douce à une réserve, s’attaque à une poulie coincée. Il fait, il tâtonne, il touche à tout ce qui l’intrigue, souvent là où on ne lui a rien demandé. La plupart du temps ça ne mène à rien, sinon à se salir davantage, et il recommence quand même.
Partout où un bras suffit
Comme il n’a aucune spécialité, on le colle un peu partout. Il récure le pont, remonte les seaux, épluche à la cambuse, tient une torche, court porter un message d’un bout à l’autre du bateau. Il saute d’une tâche à l’autre toute la journée, sans jamais en maîtriser aucune.
C’est surtout à la cambuse qu’on le retrouve, parce qu’il faut bien peler les patates et gratter les gamelles. Il touille une soupe grise, ressale ce qu’il avait déjà salé, se brûle sur la marmite. Le reste du temps, il attrape des bribes de tout sans rien réunir. Il retient un bout de matelotage, le nom de trois cordages, la façon d’arrimer un tonneau. Des gestes de travers, à moitié, qui ne font de lui ni cuisinier, ni gabier, ni charpentier.
Les yeux encore ouverts
Il n’a pas navigué assez longtemps pour trouver la mer ordinaire. Un dauphin qui suit l’étrave, une île qui sort de la brume, un port aux odeurs inconnues, et le voilà penché au bastingage, sa corvée oubliée. Tout l’étonne encore, et il ne s’en cache pas.
Cela ne fait pas de lui un devin, seulement un curieux. Il pose des questions naïves, parfois agaçantes, souvent à côté de la plaque. La plupart restent sans réponse, ou n’en reçoivent qu’un haussement d’épaules. Il n’a pas encore appris qu’à bord, certaines choses ne se demandent pas.
Léger et sans expérience
Sa jeunesse a un revers. Il est léger, mal aguerri, et dans une vraie bagarre il n’a pas grand-chose à opposer à un homme fait. Sa meilleure défense reste ses jambes. Il manque aussi d’expérience du monde, et ça se paie. Beaucoup croient trop vite une promesse, acceptent un service sans en peser le prix, portent un message sans savoir qu’il peut leur coûter cher. D’autres, dégourdis ou déjà endurcis par la rue, se laissent moins faire.
Certains adultes le savent et en jouent. Ils lui font porter un pli douteux ou endosser une bêtise qui n’est pas la sienne. Il ne voit pas toujours le piège, et se rend compte du mauvais tour une fois qu’il est déjà dedans.
Le bas de l’échelle
Alors il tient sa place, tout en bas, et il la tient à sa façon. Il rend les corvées avec mauvaise grâce, chaparde une heure de sommeil sur un rouleau de cordage, monte ses propres farces dès qu’on a le dos tourné. Il connaît déjà les recoins du bord où l’on peut souffler à l’abri des regards et la ration qu’on peut gratter sans se faire prendre. C’est comme ça qu’un Mousse passe ses journées, entre les corvées, les découvertes et les petits arrangements du bord.
Style de jeu : Combat naval, classique
