Le Dominant — Patriarche des Titans
Karnak est le premier des Titans, le plus ancien et le plus puissant. Aucune magie ne l’atteint. Aucune blessure ne le marque. Voici le Dominant, l’autorité du monde faite chair.
⚠️ Vous entrez dans le Livre du Maître. Ce qui suit dévoile des vérités, des failles et des secrets réservés au meneur de jeu. Si vous êtes joueur, lire au-delà vous gâchera des découvertes. À vous de refermer — ou de continuer en connaissance de cause.
Mission originelle. Coordonner l’œuvre des Titans et garantir l’unité de leurs actions : répartir les missions, arbitrer, empêcher qu’un Titan n’empiète sur un autre. Non pour régner, mais pour maintenir la cohérence, et soumis à la volonté des Fondateurs. Corruption : il ne reconnaît plus aucune autorité au-dessus de la sienne. Il ne coordonne plus les Titans, il les soumet. Océania est son domaine légitime, et toute indépendance une insulte.
Karnak — origines et vraie nature
Karnak n’est pas « issu » des Fondateurs, comme on le grave sur les murs. Il naît du flanc de Magaïa, la première créature modelée par Sylveas, le Fondateur de la Terre.
Le Gardien des Racines façonna Magaïa de sa propre main, née directement du geste d’un dieu. Puis, d’une de ses côtes, se détacha Karnak, premier Titan engendré et le plus puissant de tous. De cette matrice et de ce patriarche descendit ensuite toute la race titanesque.
Voilà l’inversion exacte du mythe humain : la mère d’abord, le mâle tiré de son flanc. La Matriarche précède le Dominant.
Karnak est donc le plus ancien des Titans nés, antérieur à toute vie sur Océania et à tous ses frères. Cette antériorité le définit entièrement.
Il n’incarne aucun domaine. Ni la mer, ni la guerre, ni la maladie. Il incarne la structure même du monde — l’autorité et la puissance à l’état pur, sans objet ni appétit.
Il n’a besoin de rien. Ni sang, ni souffrance, ni adoration. Sa seule existence suffit à imposer un ordre et une crainte universelle, y compris à ses pairs.
Apparence et aura
Karnak a la forme d’un colosse primordial, à l’échelle d’une chaîne de montagnes. Une figure humanoïde gigantesque, faite de roche vivante : strates anciennes, arêtes, blocs fracturés, par endroits recouverts de terre, de mousse et de végétation, comme un massif que les âges auraient fini par habiller.
La silhouette est massive, lente, à peine humaine. Des épaules en contreforts. Un torse de falaise. Des membres de pierre. Nulle bouche, nul vrai visage : une tête minérale que domine son regard.
Car on distingue surtout ses yeux. Deux foyers sombres et profonds où semble se refléter un monde entier, continents et mers, comme dans un miroir noir.
Il se tient immobile, si vaste qu’au repos on le prendrait pour une crête endormie. Mais il est bel et bien dressé. Une montagne qui s’est levée.
Cette ressemblance, du reste, il sait s’en servir. Le Dominant se confond à volonté avec un relief : une chaîne, un escarpement, une masse rocheuse que la végétation a recouverte. Voilà pourquoi si peu de mortels l’ont vu. Ils ont peut-être longé son épaule pendant trois jours sans lever les yeux.
De sa présence émane une aura d’oppression pure. Elle ne brûle pas, n’empoisonne pas, ne déchire pas : elle paralyse. Approcher Karnak, c’est sentir sa volonté se vider, ses jambes se changer en pierre, une terreur et un respect instinctifs monter sans cause apparente.
Les autres Titans eux-mêmes, dit-on, éprouvent face à lui un frisson existentiel. La sensation d’être, soudain, infiniment subordonnés.
Pouvoirs (non chiffrés)
Ses capacités sont quasi incompréhensibles et, probablement, sans limite. Il n’a besoin d’aucun serviteur ni d’aucune énergie extérieure pour les exercer : sa force découle de son essence primordiale.
Il peut annihiler ce qu’il regarde, déformer le terrain, remodeler les écosystèmes et plier à lui les énergies titanesques. La loi du monde s’incurve en sa présence.
Surtout, un absolu le place hors d’atteinte. Aucune magie, d’aucun canal — feu, eau, air, mort, esprit, malédiction, nature, foi ou haine — ne l’effleure. Il est le seul Titan que nul sortilège ne touche.
L’acier, lui, l’entame. Karnak est de chair et de pierre, non d’esprit : une lame le blesse, une armée le fait saigner. Mais il régénère à mesure qu’on le frappe, et sa masse est telle qu’aucune coalition n’ira jamais au bout. On peut le meurtrir mille ans sans le tuer.
Notez qu’il ne gouverne pas par l’action, mais par l’intimidation et la simple existence. Il n’a jamais eu besoin de frapper pour régner.
Psychologie et comportement
Karnak est solitaire et intransigeant. Il ne tolère aucune subordination volontaire : quiconque cherche à lui jurer allégeance est immédiatement effacé.
Le trait est essentiel, et il le distingue de tous ses frères. Là où les autres Titans rassemblent cultes, hérauts et hordes, Karnak n’a, ne veut et n’aura jamais le moindre serviteur. Il existe pour régner par sa présence, non pour être servi.
Sa patience est infinie, sa réflexion étrangère à toute notion humaine de stratégie ou d’urgence.
À l’heure actuelle, il est en veille. Il règne sans agir, ne déclenche aucune catastrophe, ne mène aucune guerre. Une épée immobile suspendue au-dessus du monde.
C’est ce qui le range parmi les observateurs détachés, aux côtés de Bohval le Veilleur, Borgoth le Forgeur des Esprits et Charon le Gardien du Cycle. L’humanité ne l’intéresse qu’à la marge, comme une fourmilière intéresse un géomètre.
Relations
Aucune, et c’est voulu. Nul Titan ne l’approche par curiosité ni par défi ; chacun règle sa propre conduite pour ne pas attirer son attention.
Il est ainsi à la fois le point de référence et la limite ultime. Le rappel permanent, pour tous les Titans, qu’ils restent subordonnés à une autorité supérieure.
Nulle alliance, nul rival déclaré, nul héraut. Sa seule parenté est Magaïa, dont il est né et avec qui il engendra la race — lien d’origine, non d’affection.
Une précision utile pour le meneur : le hameau de Karnebas, en terre naine, ne lui doit rien. La proximité des noms est une coïncidence, et les gens du bout n’ont jamais prié le Dominant.
Le mur — usage en campagne (MJ)
Karnak le Dominant est pensé comme le plafond de l’univers. Immunisé à toute magie, régénérant ce qu’on lui arrache, il ne tombe par aucune voie normale. C’est le cœur de son rôle.
Aussi ne doit-il jamais être introduit comme un combat ordinaire. Tant qu’une certaine relique n’est pas forgée, l’affronter revient à exécuter les personnages, ni plus ni moins.
Cette relique — née de toutes les magies réunies, reforgée par Sylveas — est sa seule faille.
D’où la structure de fin de campagne. La coalition complète des armées d’Océania ne peut que l’occuper et le contenir : elle le blesse, mais il répare plus vite qu’elle ne détruit. C’est le porteur de la relique qui donne l’estocade.
Rallier les armées et accomplir la quête de la relique forment ainsi le double objectif d’un end-game. Karnak n’est pas un monstre à abattre : c’est un aboutissement.
Une dernière chose, et elle est précieuse. Sa faille véritable n’est pas la relique, c’est son orgueil. Il efface qui se soumet, donc il ne verra jamais venir celui qui l’affronte. Un ennemi debout l’intéresse ; un ennemi à genoux n’existe pas.
Mythes et rumeurs
Karnak est unique. Nul Titan n’égale ni ne mesure sa puissance. Il n’a ni faiblesse instinctive, ni besoin, ni allégeance possible.
On raconte qu’il ne dort jamais vraiment, que son regard peut briser la volonté d’un autre Titan, et qu’un seul de ses gestes effacerait des régions entières.
Les plus audacieux des mortels comme des Titans évitent toute confrontation. Sa puissance échappe à toute défense connue, et l’on ne défie pas la loi primordiale du monde.
