Le Vaniteux — Incarnation de l’Avidité
Adamas ne tue personne. Il pose l’or, et laisse la cupidité faire le travail. Voici le Vaniteux, Incarnation de l’Avidité, dont les victimes entrent toujours de leur plein gré.
⚠️ Vous entrez dans le Livre du Maître. Ce qui suit dévoile des vérités, des failles et des secrets réservés au meneur de jeu. Si vous êtes joueur, lire au-delà vous gâchera des découvertes. À vous de refermer — ou de continuer en connaissance de cause.
Mission originelle. Répartir métaux, gemmes et matières minérales dans les entrailles du monde, sans qu’une substance ne se concentre au point de le fragiliser. Ces éléments n’étaient pas des richesses : des composantes du monde. Corruption : il concentre, dissimule et déplace ce qu’il devait répartir. Filons dont l’extraction provoque des catastrophes, puissances enfermées dans les gemmes, profondeurs-pièges. Depuis les humains, il nourrit leur cupidité.
Adamas — origines et nature
À l’origine, Adamas était le dépositaire des minéraux du monde. Il répartissait métaux et gemmes dans les entrailles d’Océania, sans jamais qu’une veine ne se concentre au point de fragiliser la terre.
Ce n’étaient pas des richesses. C’étaient des composantes du monde, au même titre que la pierre ou l’eau.
Puis sa maîtrise s’est pervertie en avidité. Là où ses frères façonnent la terre, la mer ou la mort, lui fait surgir l’or — ce métal qui attire l’homme comme le sang attire les requins.
Sa puissance croît à mesure que les hommes convoitent. Comprenez bien : il ne tue pas. Il tente. Il pose l’appât, et laisse la rapacité faire le reste.
Notez d’ailleurs les deux autres formes de sa corruption, moins visibles et plus lourdes de conséquences. Il concentre les filons, si bien que les mineurs qui les creusent déclenchent des catastrophes. Et il enferme des puissances dans les gemmes, ce dont les alchimistes tirent aujourd’hui leurs potions, sans toujours savoir d’où leur vient ce cadeau.
Apparence et aura
Adamas est un colosse d’or et de gemmes. Une idole vivante, somptueuse et froide, dont la peau même est métal précieux, lisse et polie, incrustée de pierreries qui jettent des éclats au moindre geste.
Il est couronné, paré, majestueux. Le visage parfait et sans chaleur.
Le Vaniteux se contemple autant qu’il convoite. Ses surfaces polies renvoient leur reflet à qui les regarde, si bien que l’avide y voit son propre désir lui sourire.
Voilà toute la beauté glaçante d’un souverain qui ne s’aime que lui-même.
Son aura n’est pas la terreur. C’est l’appel du gain, cette petite voix qui souffle qu’un trésor de plus, juste un, ne coûtera rien.
Pouvoirs (non chiffrés)
Adamas matérialise l’or et les richesses, puis les cache au fond de dédales interminables. Ces labyrinthes-trésors sont remplis de monstres, conçus pour attirer les avides et les y perdre.
Plus on convoite, plus il est fort. La rapacité des hommes se retourne contre eux en le grandissant.
Son arme n’est pas la force, mais l’appât. Un piège que la victime franchit de son plein gré, les yeux pleins d’or, jusqu’à ce que le labyrinthe se referme.
Retenez ce point, car il fait sa singularité. Aucun autre Titan n’a besoin du consentement de sa proie. Adamas n’ouvre jamais une porte : il attend qu’on la pousse.
Psychologie et comportement
Adamas est calculateur et vaniteux. Il ne se précipite pas : il dispose, il tend ses pièges, et attend que la cupidité travaille pour lui.
Un plaisir froid le prend à voir un homme se perdre pour quelques pièces, à mesurer jusqu’où va la convoitise.
Sa vanité est sa marque. Il veut être le plus riche, le plus convoité, le plus éclatant. Non par besoin, mais par orgueil. Le trésor est, pour lui, autant un miroir qu’un appât.
Le canon le range parmi les parasites calculateurs, avec Lilith, Loki, Baal, Erzaebeth et Balz-Buth. Ceux-là dépendent des hommes et ne veulent pas leur fin.
Relations
Il est le partenaire-rival de Loki l’Éprouveur. L’avidité et le vice se tiennent par la main, et tous deux se partagent les pauvres hères égarés : celui que l’or n’a pas pris, le vice l’aura.
Rivaux, parce que chacun veut la proie pour lui. Partenaires, parce que leurs pièges se complètent.
Calculateur comme lui, Adamas joue la même partie patiente, mais sur le terrain du gain plutôt que du désespoir.
Usage en campagne (MJ)
Adamas est l’antagoniste rêvé d’un donjon-trésor. Le dédale lui-même est son piège, et l’or qu’on y trouve est l’appât qui referme la nappe.
C’est le Titan des chasses au trésor qui tournent mal, des cartes trop belles, des fortunes maudites.
On ne le combat pas à l’épée. On lui résiste en résistant à la cupidité : savoir s’arrêter, laisser l’or, sortir avant que le labyrinthe ne se referme.
Sa puissance se nourrissant de la convoitise, la seule façon de l’affamer est de ne pas convoiter. Peu d’aventuriers savent retenir cette leçon, une bourse à la main.
Songez enfin à ce qu’il révèle de votre table. Un scénario d’Adamas ne teste pas les personnages : il teste les joueurs. Le meneur y apprend, en une soirée, lequel d’entre eux serait resté.
Mythes et rumeurs
On dit que tout trésor trop facile est l’un de ses pièges.
On dit aussi que les dédales pleins d’or et de monstres ne sont pas l’œuvre du hasard, mais la sienne.
Et l’on murmure qu’on n’a jamais vu sortir riche celui qui est entré avide — seulement ceux qui ont su laisser derrière eux ce qu’ils étaient venus prendre.
