Le Fléau — Souverain des Forces Chthoniennes
Briareus dressa les montagnes d’Océania. Il les abat aujourd’hui de ses propres mains. Voici le Fléau, Souverain des Forces Chthoniennes, le bâtisseur qui défait son ouvrage.
⚠️ Vous entrez dans le Livre du Maître. Ce qui suit dévoile des vérités, des failles et des secrets réservés au meneur de jeu. Si vous êtes joueur, lire au-delà vous gâchera des découvertes. À vous de refermer — ou de continuer en connaissance de cause.
Mission originelle. Façonner la structure physique d’Océania et garantir sa stabilité : élever les montagnes, ouvrir les vallées, dresser les falaises, consolider les profondeurs. Empêcher que les mouvements du sol ne deviennent destructeurs. Corruption : il brise ce qu’il devait stabiliser. Séismes, effondrements, glissements, fractures souterraines. Il ouvre des passages dans les profondeurs et réveille des forces géologiques qui auraient dû rester contenues.
Briareus — origines et nature
Briareus fut, aux origines, un bâtisseur. C’est lui qui dressa les reliefs, creusa les vallées, sculpta les montagnes.
Après la guerre des Titans, ses mains se sont retournées contre leur œuvre. Le bâtisseur est devenu le Souverain des Forces Chthoniennes, maître des séismes, des volcans, des avalanches et des vers titanesques.
Comprenez la singularité de sa déchéance. Les autres Titans corrompent une charge ; lui détruit un ouvrage. Chaque montagne d’Océania est de sa main, et chaque effondrement est sa signature sur son propre travail.
Sa puissance croît avec les catastrophes. Chaque éruption, chaque cité engloutie le grandit.
On le prend souvent pour un dieu de la terre. Il est, plus exactement, la terre devenue colère.
Apparence et aura
Quand il s’arrache aux profondeurs, Briareus est un colosse de roche fissurée veinée de magma. Large comme une épaule de montagne, le corps de pierre crevassée d’où sourd la lueur rouge du feu souterrain.
Un trait le distingue de tous ses frères : il a de multiples bras massifs, lourds, faits pour bâtir. Ils disloquent désormais ce qu’ils avaient élevé.
Nul visage net. Une tête de roc au-dessus d’un torse de falaise. Sa voix est le grondement des plaques qui se brisent.
Son aura n’est pas la peur d’un visage, mais celle, plus ancienne, du sol qui se dérobe. L’instinct qui fait fuir les bêtes avant le séisme. Le silence qui précède la secousse.
Pouvoirs (non chiffrés)
Il déchaîne la terre elle-même : la roche, le feu souterrain, l’effondrement. Les sols tremblent, les volcans s’ouvrent, les avalanches se lâchent.
Il commande les vers titanesques, ces colosses qui dorment sous les montagnes. Un seul, réveillé, suffit à engloutir une cité.
Sa force suit les catastrophes. Plus la terre tue, plus il grandit. C’est une puissance sans finesse et sans pitié, à l’échelle des continents.
Notez enfin ce pouvoir discret, que sa fiche mentionne à peine et qui devrait vous intéresser. Briareus ouvre des passages dans les profondeurs. Or c’est dans les entrailles du monde que la plupart des Titans se terrèrent après la grande guerre. Le Fléau tient les portes.
La disparition de l’Île Bleue
Le grand fait qu’on lui impute, il le partage avec Körlik le Gardien des Océans.
En l’an 11702, l’Île Bleue et sa cité d’Oktoune disparurent en quelques jours. Le comptoir avait été bâti trois ans plus tôt, pour piller des fonds riches en ressources naturelles.
La rumeur accuse les deux Titans. Briareus aurait fait céder l’île par en dessous, la terre s’ouvrant sous les fondations. Körlik aurait englouti le reste.
Nul n’a vu la catastrophe de près, et l’on n’en dit jamais que « certains attribuent ». Il y eut pourtant des rescapés. Ce sont eux qui fondèrent, l’année suivante, la guilde d’Altarak.
Retenez le mobile, si mobile il y eut. On avait ouvert la terre pour la piller. Le bâtisseur n’aime pas qu’on touche à ses fondations.
Psychologie et comportement
Briareus a la patience des montagnes et la fureur des volcans. Il dort des siècles, puis frappe sans avertissement et sans mesure.
C’est un destructeur impatient. Il voudrait en finir vite avec l’humanité, mais agir seul risquerait une guerre entre Titans dont l’issue est incertaine. Alors il attend, et se contente, en attendant, de faire trembler le monde.
Il n’a ni ruse ni calcul. Reste la force, et la conviction que tout, un jour, retournera à la pierre.
Relations
Il est lié à Avgavaï le Flamboyant, Guerrier des Cieux. La terre et le feu forment un duo complémentaire : l’un ouvre les volcans, l’autre embrase les cieux.
Il partage avec Körlik la disparition de l’Île Bleue, sans qu’on sache s’il s’agissait d’une entente ou d’une coïncidence de fureurs.
Le canon le range parmi les destructeurs impatients, avec Körlik, Moloch et Avgavaï. Ceux-là voudraient en finir vite, et seule l’absence d’accord les retient.
On le vénère comme un dieu tellurique, là où la terre tremble assez souvent pour qu’on cherche à l’apaiser. Ces cultes ignorent presque toujours à qui ils s’adressent.
Usage en campagne (MJ)
Briareus est le Titan de la catastrophe naturelle, le moteur d’un scénario de désastre.
Un séisme qui n’en finit pas. Un volcan qui s’éveille. Une région qui s’effondre. Un ver titanesque qui remonte sous une cité. Voilà sa marque.
On ne l’affronte pas de face, car on ne combat pas un séisme. On fuit, on évacue, on cherche la cause, on rendort le ver, on apaise le culte qui le nourrit.
C’est un Titan qu’on subit et qu’on contient, rarement qu’on terrasse. Sa puissance, nourrie par les catastrophes, faiblit quand la terre se tait.
Songez au scénario qu’il rend possible et qu’aucun autre ne permet. Les personnages ne cherchent pas à le vaincre : ils cherchent à sauver une ville, et ils n’y arriveront pas tout à fait. La question n’est pas s’ils gagnent. La question est combien ils sortent.
Mythes et rumeurs
On dit que les montagnes sont ses os.
On dit aussi que les vers qui dorment dessous sont à lui.
Et l’on murmure que là où une île a sombré, où une cité s’est effondrée d’un coup, ce n’est pas le hasard de la terre — mais la main du bâtisseur qui défait son ouvrage.
